Production biologique de bovins au Québec
Portrait du secteur
- En 2026, une cinquantaine d’entreprises laitières et une trentaine d’entreprises de bovins de boucherie mettent en marché des bovins biologiques destinés à l’abattage.
- La demande en produits de viande biologique est forte et les possibilités de commercialisation du bœuf biologique sont diversifiées. Pour répondre à une demande croissante des consommateurs, l’industrie a besoin qu’un nombre important d’éleveurs-naisseurs se tournent vers l’agriculture biologique.
- L’important écart de coût de production entre régie conventionnelle et biologique et le manque d’installations offrant de la transformation de bovins biologiques sont des enjeux pour l’augmentation de la production. De plus, la concentration du secteur de l’abattage exige des volumes importants pour bénéficier d’économies d’échelle. Plusieurs abattoirs sont en mesure d’abattre des bovins biologiques au Québec, bien qu’aucun outil ne permette de recenser les abattoirs offrant des services compatibles avec la certification de viande biologique.
- La commercialisation du bœuf biologique nécessite une planification plus poussée et une plus grande communication comparativement à la commercialisation du bœuf conventionnel. Les difficultés de synchronisation de l’offre impliquent parfois que des produits provenant du reste du Canada ou des États-Unis entrent sur le marché québécois afin de répondre à la demande.
- Une structure de mise en marché existe présentement pour les bovins de réforme biologiques, et ce, à travers le Plan conjoint des Producteurs de bovins du Québec (PBQ). Pour mettre en marché des bovins de réforme biologiques, il faut détenir un certificat biologique à jour ainsi que la liste des animaux admissibles (ou le certificat d’identification de chaque animal) et s’inscrire auprès de l’agence de vente.
- Les prix des animaux biologiques sont basés sur le prix des animaux conventionnels et sont directement liés au poids de l’animal. Ceux-ci varient tout au long de l’année.
- Les producteurs peuvent inscrire les bovins de réforme biologiques via un calendrier en ligne. L’agence de vente valide le statut biologique de chaque animal grâce au certificat de conformité, fait parvenir au poste de commercialisation le numéro d’identifiant Agri-Traçabilité Québec du bovin, le nom du producteur ou de la ferme, le nom du transporteur, ainsi que la date de livraison de l’animal à son site. Enfin, elle transmet au transformateur le certificat indiquant que le bovin vendu est biologique. Le rôle de supervision assuré par les PBQ s’arrête après la transmission du certificat au transformateur et lorsque l’animal est pris en charge par les postes de commercialisation. Le producteur est responsable d’assurer la livraison de l’animal à l’abattoir ou au site de rassemblement.
- L’organisation des PBQ comble ses besoins hebdomadaires sur la base du « premier arrivé, premier servi ». Cette procédure permet un approvisionnement stable et suffisant du marché, puisqu’il arrive que des bovins soient reportés à la semaine suivante.
- Les producteurs qui souhaitent vendre leurs produits directement aux clients de leur région peuvent collaborer avec les exploitants d’abattoirs locaux.
- Dans le cas d’une entreprise qui fait abattre ses produits par un abattoir qui les emballe et les étiquette, le transformateur devra détenir un certificat biologique pour ses opérations de transformation et d’emballage afin de garantir l’intégrité des produits biologiques. Ce n’est pas l’abattoir comme tel, mais ce sont les produits finaux emballés et étiquetés qui seront certifiés.
- Dans le cas d’un abattoir qui abat les animaux, réalise la découpe en quartiers puis les remet au producteur sans procéder à l’emballage ou à l’étiquetage, celui-ci devra obtenir une attestation de service émise par les organismes de certification après vérification de la conformité aux normes biologiques. Dans un tel scénario, l’activité d’abattage est incluse dans le plan biologique du producteur et les installations d’abattage sont inspectées dans le cadre de la certification de ses produits biologiques. Dans tous les cas, les producteurs et les transformateurs de viande doivent assurer l’intégrité biologique des produits à toutes les étapes de la transformation et de l’entreposage.
Pour plus de détails sur cette production, consultez le site Internet des Producteurs de bovins du Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.
Consultez également le Portail Bio Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre pour y retrouver des informations sur la production.
Techniques de production
- Contrairement à la production conventionnelle où l’on retrouve généralement deux types d’élevage (la production bovine de veaux d’embouche et l’engraissement de bouvillons), la production biologique se fait de façon continue. Un producteur élèvera habituellement ainsi ses bœufs de la naissance jusqu’au moment où ceux-ci obtiennent leur poids d’abattage.
- Un producteur en régie biologique doit bien planifier son cycle de marché avec ses partenaires (acheteurs, groupes coopératifs, marchés d’aliments, consommateurs, etc.), car les débouchés sont plus limités qu’en production conventionnelle.
- Pour qu’un veau soit certifié biologique, sa mère doit être élevée sous régie biologique pendant le dernier tiers de sa période de gestation. Elle doit être nourrie uniquement avec des aliments biologiques, aucun antibiotique et aucune autre substance interdite ne peuvent lui être administrés.
- Si les pâturages et les prairies de fauche d’un producteur n’ont pas été traités avec des substances interdites (p. ex. des engrais ou des pesticides synthétiques), ils pourraient être certifiés biologiques en moins de temps que la période habituelle de 36 mois. Dans leur dernière année de transition, les pâturages et les prairies de fauche sont considérés comme étant biologiques s’ils servent à nourrir les animaux en transition d’une même exploitation agricole. Autrement dit, la nourriture ne peut être vendue en tant que produit biologique, mais elle peut être donnée au bétail pendant cette dernière année de transition.
- L’engraissement et la finition des bovins pour la mise en marché sont les parties de production les plus difficiles pour obtenir un produit de qualité en ce qui concerne le poids, la conformation et le classement. Ceci constitue également un défi pour la production de bœufs nourris entièrement à l’herbe. Il est conseillé aux producteurs qui veulent faire la transition vers la production biologique de faire affaire avec plus d’un fournisseur d’aliments biologiques. Il est important de bien planifier l’alimentation des animaux durant les mois d’hiver. Il est aussi important que tous les animaux aient accès à un abri ou un endroit qui les protègent du vent. Ces éléments peuvent réduire jusqu’à 20 % les besoins en énergie chez l’animal.
- En régie biologique, un pourcentage minimal de la matière sèche des rations quotidiennes doit être composé de foin, de fourrage frais ou séché ou d’ensilage. Un pourcentage minimum de fourrage à longues fibres (longueur supérieure à 10 centimètres) est également demandé. Calculée à l’état sec, la consommation de fourrage pâturé au cours de la saison de pâturage de la région doit représenter au minimum 30 % de l’ingestion totale de fourrage de cette période pour les ruminants qui ont atteint l’âge de maturité sexuelle. Ainsi, dans toutes les exploitations agricoles, au moins un tiers d’acre par unité animale doit être consacré au pâturage. Les normes précisent également l’espace minimal requis par animal en cas de confinement.
- Étant donné l’interdiction d’utiliser des antibiotiques, les éleveurs mettent l’accent sur la prévention, la réduction du stress et le confort du cheptel. La vaccination d’animaux certifiés biologiques est autorisée, pour autant qu’il soit établi que les maladies visées sont contagieuses pour les animaux d’élevage et qu’elles ne peuvent être combattues par d’autres moyens.
Pour plus de détails, se référer aux Normes biologiques canadiennes Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, section « Productions d’animaux d’élevage ».
Organisations et références
- L’association des Producteurs de bovins du Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre coordonne les activités liées à la valorisation des bovins de réforme biologiques en assurant un approvisionnement aux transformateurs. Elle est une structure incontournable des différentes actions liées à la chaîne de valeur.
- L’Institut national d’agriculture biologique du cégep de Victoriaville offre le cours de Gestion et technologies d’entreprise agricole Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre avec une spécialisation en productions animales.
- L’Institut de technologie agroalimentaire du Québec offre une formation en Gestion et technologies d’entreprise agricole Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre avec une spécialisation en production animale biologique au campus de la Pocatière.
- La Fédération biologique du Canada Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre présente une section sur la production d’animaux d’élevage.
Références documentaires
Production de bœuf – Avantage des produits biologiquesCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Table ronde de chaîne de valeur des produits biologiques, 2014)
Guide de production de bœuf biologiqueCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Organic Alberta, 2013)
Organic and Grass-finished Beef Cattle ProductionCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Lee Rinehart, National Sustainable Information Service, 2011)
Organic Livestock HandbookCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (COG Practical Skills Handbook series)
Animal Welfare Keys & Tips in Organic Livestock ProductionCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Jane Morrigan, 2009)
Enquête sur les coûts reliés à l’élevage d’agneaux lourds et de bœufs biologiquesCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Groupe AGÉCO, 2006)
Organic Beef & Organic Pasture Fed BeefCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (R. Henry, 2002)
Témoignages
La production de bœuf biologiqueCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre : Marcus Ritter - Les Fermes Valens (vedette agricole de la Vallée de la Châteauguay, 2016)
Bœuf nourri à l’herbe bioCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre : Marie-Philippe Saint-Vincent - Boucheries et Ferme biologiques Saint-Vincent (2019)