Production de légumes de transformation biologiques au Québec
Portrait du secteur
- Le Québec est le leader en production de légumes de transformation biologiques en Amérique du Nord. La production biologique y a débuté de façon commerciale en 2016 et les volumes ont connu une croissance soutenue jusqu’en 2022 afin de répondre à la demande du marché. Depuis, on observe une certaine stabilité de la demande et des volumes produits. Environ 25 % de la production québécoise de pois, de haricots et de maïs sucré destinés à la transformation est réalisée sous régie certifiée biologique. La production de légumes de transformation constitue généralement une culture de rotation, permettant d’offrir des revenus compétitifs et des avantages agronomiques indéniables aux entreprises biologiques.
- La production se concentre dans les régions à proximité des usines de transformation, soit principalement dans les régions de Lanaudière et de la Montérégie-Ouest.
- La production et la mise en marché des légumes de transformation sont réalisées dans le cadre du Plan conjoint des producteurs de légumes destinés à la transformation. Les légumes sous régie biologique sont inclus dans ce plan. À cet effet, les producteurs doivent payer une première contribution de 2 % du revenu brut pour l’administration du Plan conjoint et une deuxième de 0,7 % du revenu brut pour financer les activités de promotion, de recherche, de développement et de classification. Les Producteurs de légumes de transformation du Québec négocient annuellement avec le transformateur une convention de mise en marché homologuée par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Celle-ci prévoit les conditions de production et de mise en marché ainsi que le partage des risques entre le producteur et le transformateur. Des prix spécifiques sont également négociés pour les légumes biologiques et les différentes clauses en lien avec la réalité de la régie biologique sont établies (ex. : partage des coûts pour l’application des trichogrammes).
- Tout comme en production conventionnelle, au printemps, le producteur doit signer un contrat de production avec le transformateur pour les légumes de transformation biologiques. Actuellement, seule la compagnie Nortera contracte des légumes de transformation biologiques. La demande varie grandement en fonction des contrats du transformateur avec ses acheteurs. Les décisions de production sont réparties entre le producteur et le transformateur. La date de semis, la variété, la catégorie, l’évaluation de la qualité du légume ainsi que la date de récolte relèvent du transformateur. Le producteur est responsable des travaux de préparation du sol, du semis, des activités de lutte phytosanitaire (ex. : sarclage, trichogrammes). Le suivi de la culture est assuré par le transformateur conjointement avec le producteur. Pour chaque légume, le producteur signe annuellement avec le transformateur un contrat de production dans le cadre de la convention de mise en marché. Le paiement du légume est fait par le transformateur après la récolte, selon la date prévue à la convention.
- La Financière agricole du Québec offre un programme d’assurance récolte adapté à la production biologique de légumes de transformation et prenant en compte les prix négociés par la convention annuelle de mise en marché.
Pour plus de détails sur cette production, consultez le site Internet des Producteurs de légumes de transformation du Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. Consultez également le Portail Bio Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre et retrouvez-y des informations sur la production.
Techniques de production
Les conditions météorologiques peuvent entraîner des conséquences importantes sur le succès de la culture, étant donné que ce sont des cultures de cycle court (plus ou moins 60 jours pour les pois et les haricots, et plus ou moins 95 jours pour le maïs sucré). La qualité des parcelles (drainage, nivellement, structure de sol) est également un facteur de succès indéniable. Plusieurs projets de recherche sont réalisés afin de trouver des solutions à certains enjeux de la régie de culture (mauvaises herbes, ravageurs du semis, variétés) pour améliorer la productivité, notamment dans les productions de haricots et de maïs sucré.
La production biologique de légumes de transformation demande une grande capacité de gestion des cultures, étant donné les superficies importantes cultivées par les producteurs de ces légumes. Un suivi rigoureux des parcelles par le producteur, en collaboration avec l’équipe technique du transformateur, est nécessaire. Les facteurs suivants sont des aspects clefs pour la réussite de la culture des légumes de transformation :
Utiliser des parcelles avec une bonne structure de sol et bien drainées;
Effectuer des semis uniformes pour que la levée soit égale;
Réussir un contrôle efficace des mauvaises herbes en optant pour des méthodes alternatives (mécanique, thermique, biologique, etc.) et miser sur l’élimination la plus complète possible des mauvaises herbes avant l’apparition des cultures;
Surveiller de près les cultures tout au long de leur développement;
Bien planifier la rotation des cultures, qui doit inclure des graminées, des légumineuses et des engrais verts ou des plantes à enracinement profond, de même que des vivaces, lorsque c’est possible;
Substituer une partie des apports en fertilisants organiques par l’intégration d’engrais verts et de légumineuses et gérer le calendrier de fertilisation selon les normes biologiques.
Quelques défis techniques liés à la production biologique existent, principalement en phytoprotection et en fertilisation.
Le contrôle des mauvaises herbes, dont les allergènes comme la moutarde, représente un défi de taille pour les producteurs de légumes de transformation biologiques. Ils possèdent différents équipements pour assurer une destruction rapide et efficace de ces mauvaises herbes. Toutefois, le climat limite les possibilités de travail et complexifie les tâches à accomplir aux moments opportuns. La course se joue en début de saison, avant même le semis de la culture de transformation. Les équipements, comme les peignes, les houes doubles et même triples, peuvent aussi affecter les populations à l’hectare. Il faut beaucoup de minutie pour réussir.
La pourriture sclérotique (haricot) : cette maladie cause la pourriture du plant et des gousses, ce qui les rend impropres à la consommation. Différents projets de recherche sont menés pour mieux comprendre son cycle et la prévenir de manière efficace. Actuellement, peu de biopesticides sont disponibles pour la contrôler.
La pyrale du maïs et autres larves de papillon (maïs sucré) : ces ravageurs attaquent l’épi et causent d’importants dommages. Il est toutefois possible de contrôler la pyrale du maïs avec un agent de lutte biologique, le trichogramme. Toutefois, pour éradiquer les autres ravageurs, le trichogramme est inefficace. Il faut avoir recours à des biopesticides ou assumer les pertes liées à la présence de l’insecte.
Le manque de cultivars adaptés à la production biologique (maïs sucré) : peu de cultivars vigoureux sont offerts présentement, ce qui limite la gestion de la production. La vigueur à la levée est très variable. Les conditions climatiques, le type de sol et les opérations de désherbage entraînent parfois des baisses de la population et donc un rendement moindre.
La fertilisation azotée (maïs sucré) : le maïs sucré est exigeant en azote. Aussi, l’introduction d’engrais verts et de cultures intercalaires est primordiale pour favoriser un apport d’azote suffisant et pour combler les besoins de la culture en place. L’utilisation de fumiers et de lisiers est également possible, mais il faut respecter les exigences demandées par l’acheteur puisqu’il s’agit de produits destinés à la consommation humaine.
Pour plus de détails, se référer aux Normes biologiques canadiennes Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, section « Productions végétales » et à la liste des substances permises.
Organisations et références
- Les Producteurs de légumes de transformation du Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (PLTQ) défendent les intérêts économiques des producteurs qu’ils représentent et travaillent au développement de la production ainsi qu’à la mise en marché des légumes destinés à la transformation. Un producteur biologique est élu au conseil d’administration du regroupement afin que les producteurs biologiques et leurs enjeux soient représentés. Un comité de négociation biologique a aussi été créé et a pour but de négocier les conditions de la convention de mise en marché pour le secteur biologique. L’organisation contribue à des projets de recherche, en collaboration avec Nortera et les différents centres de recherche, organise des activités de formation et diffuse de l’information aux producteurs.
- La Filière des légumes de transformation Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre regroupe tous les maillons du secteur et travaille au développement de ces productions, notamment en réalisant et en coordonnant son plan stratégique.
- Le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (CETAB+) fournit de l’information spécifique aux grandes cultures biologiques Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre et facilite les échanges grâce au Réseau BIO Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.
- Plusieurs clubs-conseils, dans diverses régions du Québec, comptent parmi eux des experts en production de grandes cultures biologiques. Renseignez-vous auprès du Via Pôle d’expertise Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre et du réseau Agriconseils Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.
Références documentaires
Guides de production Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre développés par les PLTQ
Résultats de différents projets de recherche Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre menés en partenariat avec les PLTQ
Nortera Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre
Convention de mise en marché Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre des légumes de transformation
Témoignages
Portraits Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre de producteurs