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ÉDITORIAL | La rentabilité est essentielle à l’adhésion

Publié le 16 janvier 2026 - Écrit par Martin Caron, président général

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Le 12 janvier, les ministres Donald Martel et Bernard Drainville ont lancé l’Initiative de soutien à la transition aux pratiques agroenvironnementales en zone littorale du lac Saint-Pierre.

Dotée d’un budget de 6 M$, cette mesure vise à soutenir financièrement les aménagements végétalisés et les couvertures hivernales des sols cultivés. Environ 200 entreprises agricoles (4 500 hectares cultivés) pourraient bénéficier d’un soutien financier maximal de 50 000 $ pour la durée de l’initiative (2026-2028). Elles ont jusqu’au 9 février pour s’inscrire (saison 2026).

Désigné comme réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO, le lac Saint-Pierre est un site exceptionnel abritant plus de 70 % des espèces d’oiseaux et de poissons d’eau douce du Québec, sans compter de nombreux milieux humides de qualité. En raison des sols fertiles qui bordent ce plan d’eau, on y pratique l’agriculture depuis trois siècles déjà. Les défis en matière de préservation sont toutefois multifactoriels et interpellent une multitude d’intervenants.

L’Initiative est la première d’une série de mesures à venir visant une meilleure cohabitation agriculture-faune dans le littoral. Ce « panier de solutions », présenté aux intervenants du milieu l’automne dernier, a généré beaucoup de commentaires de la part des producteurs.

Plusieurs ont signalé que le nettoyage des cours d’eau est problématique dans divers secteurs, les MRC étant confrontées à des délais, des coûts et des exigences gouvernementales déraisonnables. L’inondation des champs qui en résulte, pendant des jours et parfois des semaines, a un effet tout aussi important sur la faune et la biodiversité que les crues printanières.

Cet aspect est hautement prioritaire pour les producteurs. Il l’est aussi pour les organismes de conservation, qui considèrent qu’une gestion de l’eau optimale bénéficie à tout l’écosystème. Tous les intervenants parlent donc d’une même voix à cet égard. L’un des représentants des groupes a même souligné que les producteurs font de la « conservation » tout autant que les organismes. Les producteurs préfèrent toutefois parler d’adaptation et d’aménagement, la restauration intégrale étant fréquemment impossible. 

Certains se sont montrés sceptiques quant à l’acquisition de superficies par des organismes de conservation. Des projets de cette nature au lac Saint-Pierre ont généré des résultats décevants par le passé (espèces envahissantes, roseaux communs, etc.).

Les projets En action pour le lac Saint‑Pierre (2019-2023) et Laboratoire vivant – Québec (2020-2023) ont démontré que l’engagement est au rendez-vous. L’Union des producteurs agricoles a d’ailleurs exprimé son intérêt à poursuivre son action dans le cadre de cette nouvelle phase de déploiement.

Cela dit, l’adhésion des producteurs au « panier de solutions » envisagé est conditionnelle au maintien des activités agricoles ainsi qu’à la rentabilité des entreprises. Un environnement réglementaire adéquat, un soutien financier (et technique) à la hauteur des objectifs établis, une véritable rétribution des biens et services écologiques, des efforts additionnels en matière de recherche et d’innovation ainsi qu’une concertation soutenue de tous les acteurs sont essentiels pour remplir ces deux conditions.

M. Drainville a mentionné, lors de notre congrès général de décembre, que l’agriculture et l’environnement ne sont pas en opposition. Il appartient au gouvernement d’en tenir compte dans toutes les mesures à venir.