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ÉDITORIAL | Des compressions préoccupantes

Publié le 27 février 2026 - Écrit par Martin Caron, président général

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Plusieurs intervenants de l’Union des producteurs agricoles (UPA) et ses organisations affiliées ont participé à l’assemblée générale annuelle (AGA) de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), la semaine dernière à Ottawa.

Sous le thème Cultivons le Canada : bâtir l’avenir de l’agriculture canadienne, l’événement a permis des échanges sur une multitude d’enjeux comme le prochain cadre stratégique, la diversification des marchés et les nouvelles technologies. Il a aussi permis de reconduire la première vice-présidente générale de l’UPA, Stéphanie Levasseur, au poste de deuxième vice-présidente de la FCA. Je continuerai pour ma part de siéger au conseil d’administration.

Notre participation aux travaux de la FCA est déterminante pour les productrices et producteurs du Québec. Cette organisation représente près de 190 000 entreprises agricoles de partout au pays. Combinées aux transformateurs alimentaires et de boissons, ces entreprises employaient 541 400 personnes en 2024 et représentaient 3 % du PIB du Canada. Cette contribution est cinq fois plus élevée que celle de l’industrie automobile.

Il a bien sûr été question du conflit tarifaire avec nos voisins du Sud. Comme en témoigne le récent jugement de la Cour suprême des États-Unis, ce dossier ne manque pas de rebondissements. Il illustre surtout l’importance de maintenir l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, qui limite grandement l’incidence des tarifs américains. 

L’AGA a permis l’adoption d’une résolution de l’UPA et de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario réclamant la suspension immédiate du projet de train à grande vitesse. Ottawa doit mettre sur pause son projet, réaliser une évaluation rigoureuse des retombées et permettre une réelle consultation.

Plusieurs productrices et producteurs se demandent d’ailleurs, avec raison, si une partie des milliards prévus pour ce projet aurait pu servir à d’autres fins, en l’occurrence agricoles. Rappelons que le gouvernement canadien a annoncé, l’automne dernier, des compressions touchant un grand nombre de ministères et d’organismes, dont Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC – entre 11,7 % et 18,3 % des effectifs), l’Agence canadienne d’inspection des aliments (21,5 %) et Statistique Canada (11,7 %). Ces pourcentages sont beaucoup plus élevés que la moyenne estimée pour l’ensemble de la fonction publique fédérale (4,5 %).

Les conséquences se font déjà sentir. AAC a annoncé la fermeture de plusieurs centres de recherche (dont celui de Sainte-Foy) et de quatre fermes de recherche satellites. Le laboratoire de Longueuil de l’Agence canadienne d’inspection des aliments fermera aussi ses portes.

Les compressions ne se limitent pas aux effectifs. Le budget de l’automne dernier mentionnait que le ministère mettrait progressivement fin à certains programmes comme Solutions agricoles pour le climat – Laboratoires vivants, qui finance actuellement 14 projets à travers le Canada, dont deux au Québec. Cette décision du gouvernement canadien est particulièrement décevante et l’UPA travaille étroitement avec le ministère pour identifier les solutions possibles.

La FCA a déclaré à plusieurs reprises, depuis l’automne, que ces compressions étaient préoccupantes et qu’elles compromettaient la capacité du Canada à innover, à assurer sa sécurité alimentaire et à demeurer concurrentiel à long terme dans le secteur agricole. Nous partageons entièrement cette analyse. Notre résolution de porter à 2 % des dépenses de l’État le budget d’AAC (actuellement moins de 1 %), adoptée par les délégués en cours d’AGA, va dans le même sens. Tout comme la nécessité, pour le Canada, de tabler sur un véritable plan d’action stratégique en agriculture, accompagné des moyens de nos ambitions.