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ÉDITORIAL | Volatilité : il faut protéger nos entreprises

Publié le 13 mars 2026 - Écrit par Martin Caron, président général

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La volatilité, qu’elle soit climatique, géopolitique ou économique, devient de plus en plus la norme. Les événements météorologiques extrêmes, l’environnement commercial fluctuant ainsi que les guerres et leurs répercussions sur les chaînes d’approvisionnement affectent notre quotidien comme jamais auparavant.

Le conflit au Moyen-Orient fait partie de cette nouvelle réalité. Non pas qu’il était inattendu, le déploiement militaire américain ayant débuté dès la fin janvier. Mais il a déclenché une envolée soudaine des cours du gaz et du pétrole en raison, notamment, de la fermeture quasi complète du détroit d’Ormuz. Environ 20 % de la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié dans le monde (ainsi que le tiers des engrais mondiaux, dont l’urée) transite par ce goulet d’étranglement.

La flambée des prix de l’essence et du mazout ne s’est pas fait attendre : environ 15 % d’augmentation depuis le début du conflit. Cette hausse est de très mauvais augure pour le secteur agricole québécois, qui dépense quelque 555 M$ en combustible (chauffage) et carburant (machinerie) en moyenne chaque année. À quelques semaines de la saison des semences, elle est même fortement préoccupante. 

Ces frais additionnels aux coûts de production, difficilement transférables aux consommateurs, s’ajoutent à une problématique beaucoup plus large en matière de combustible et de carburant. La tarification du carbone en agriculture (plus de 550 M$ depuis 2015) est dénoncée depuis plusieurs années par le milieu, plus particulièrement depuis l’abandon, l’an dernier, du volet « consommateur » ailleurs au pays. 

Le soutien de 30 M$ annoncé à trois reprises ces derniers mois, qui ne vise que le secteur des grains, ne répond assurément pas aux attentes. D’abord, parce que les entreprises de ce secteur ont versé plus de 150 M$ au Fonds d’électrification et de changements climatiques depuis 2015, tout en recevant moins de 10 M$ du soutien. On est donc très loin du compte (40 M$ sur 150 M$).

Ensuite, parce que le secteur des grains (150 M$ sur 550 M$) n’est pas le seul à faire les frais de cette tarification. Le secteur avicole, entre autres, a rappelé tout récemment que le chauffage et la ventilation des bâtiments sont essentiels au bien-être animal et à la biosécurité. Le secteur serricole a quant à lui rappelé que cette tarification était un facteur aggravant en matière de compétitivité.

Les deux candidats à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, Bernard Drainville et Christine Fréchette, ont proposé de rembourser de façon « complète », « intégrale » et « permanente » les entreprises agricoles. Ils auront l’occasion de détailler leur position lors d’une rencontre, ces jours-ci, avec le conseil général de l’organisation.

Selon le ministre des Finances, Eric Girard, les 30 M$ annoncés une première fois l’automne dernier dans la mise à jour économique démontrent que le gouvernement du Québec est « en avance sur les doléances » des productrices et producteurs. Cette prétention est sans fondement, ne répare pas les torts causés jusqu’à maintenant et ne protège pas nos entreprises de la volatilité grandissante avec laquelle elles doivent composer. Nous espérons, au moment d’écrire ces lignes, que le ministre corrigera le tir dans son discours sur le budget du 18 mars.