Les productrices et producteurs agricoles et forestiers ont des attentes à la hauteur des efforts qu’ils consacrent quotidiennement au maintien d’une ruralité vivante et dynamique. La campagne électorale débute à peine, mais il nous faut saisir toutes les occasions de mettre ces attentes de l’avant.
C’est ce que nous avons fait récemment avec le Conseil de la transformation alimentaire du Québec, l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière, Sollio Groupe Coopératif, l’Association des détaillants en alimentation du Québec et le Conseil canadien du commerce de détail.
Le message des organisations était sans équivoque : le prochain gouvernement québécois doit donner au secteur bioalimentaire les moyens de ses ambitions ainsi qu’un environnement d’affaires favorable à sa croissance, à son innovation et à sa prospérité.
Pour nos entreprises, cela se traduit par un soutien gouvernemental qui correspond à leurs besoins. Les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à leur agriculture. Au Québec, ce soutien n’atteint même pas 1 % (1,5 G$ sur 170,8 G$ en 2026-2027).
Un rattrapage immédiat doit être amorcé pour permettre aux productrices et producteurs de vivre convenablement de leur profession, financer à coût compétitif les investissements requis (changements climatiques, bien-être animal, etc.) et soutenir efficacement les transferts de fermes, qui seront nombreux au cours de la prochaine décennie. Les défis particuliers du secteur biologique, des fermes de proximité, de la relève et des régions périphériques sont également des enjeux pressants.
Le prochain gouvernement doit aussi démontrer une adhésion indéfectible à la protection du territoire agricole, une ressource limitée, non renouvelable et essentielle à la société québécoise. Cette préoccupation s’étend à la forêt privée et aux érablières en terres publiques.
Le train à grande vitesse Québec-Toronto, un projet fédéral que le gouvernement du Québec doit rejeter de toutes ses forces, est un exemple d’intrusion inacceptable en zone agricole. Sa facture pourrait s’élever à 150 G$, selon un document interne obtenu récemment par The Globe and Mail. Toutes les formations politiques doivent se positionner dans ce dossier, qui ne cesse de générer du mécontentement.
Nos entreprises réclament également un environnement d’affaires axé sur la compétitivité et l’atteinte de leur plein potentiel. Rappelons que leur adaptation en matière d’agroenvironnement fait l’objet d’efforts soutenus depuis des décennies. Les risques associés à leurs activités ont donc été considérablement réduits (innovations technologiques, nouvelles pratiques, etc.). Tous les ministères, plus particulièrement celui de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, doivent combattre la lourdeur administrative et réglementaire.
Ces grands axes regroupent nos priorités pour la présente élection et sont expliqués en détail sur notre site Web (section Élections provinciales 2026). Le projet de société que souhaitent continuer de bâtir les productrices et producteurs se veut ambitieux, rassembleur et durable.
Les chefs des principaux partis pourront se prononcer sur tous ces enjeux lors de leur rencontre à venir avec les conseillers généraux de l’organisation. J’ai confiance que les productrices et producteurs, aux quatre coins du Québec, questionneront les candidats avec la même insistance.
L’agriculture et la foresterie sont des actifs stratégiques qui façonnent le visage de nos régions sur les plans géographique, communautaire et économique. Leur pérennité est essentielle à l’autonomie et la sécurité alimentaire des Québécoises et Québécois.