
En 2024, on parlait déjà des coûts pouvant découler de la non prise en charge des risques psychologiques dans les milieux de travail. Une étude de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), réalisée auprès de 8325 personnes sur une période de 6 ans, dressait en effet un portrait des coûts financiers associés aux lésions psychologiques liées au travail. Pour la période de 2014 à 2019, ces coûts étaient estimés à 1,01 milliard de dollars au Québec seulement! Bien que ces chiffres puissent avoir évolué depuis, ils démontrent toute l'importance de la prise en charge de ces risques, encore aujourd'hui.
Malgré que ces lésions ne représentent pas la majorité des lésions professionnelles acceptées par la CNESST, leurs conséquences peuvent être considérables, tant pour les personnes touchées que pour les milieux de travail.
D'ailleurs, les risques psychosociaux liés au travail sont maintenant explicitement intégrés aux obligations de prévention prévues par la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Les employeurs doivent notamment les identifier et les analyser, ainsi que prévoir des mesures pour les éliminer ou, à défaut, les contrôler. Cette évolution vient renforcer l’importance d’agir en amont, en portant attention aux conditions et à l’organisation du travail. La prévention ne concerne donc pas uniquement les risques de blessures physiques : elle doit également tenir compte des conditions dans lesquelles le travail est réalisé et de leurs effets possibles sur la santé psychologique.
Les données de l’IRSST rappellent que les conséquences peuvent être importantes : prévenir les risques psychosociaux, c’est aussi contribuer à protéger la santé des personnes et à réduire les répercussions pour les milieux de travail.