
La violence au travail fait partie de ce que l’on appelle les risques « psychosociaux » du travail. Elle peut survenir dans tous les secteurs d'activité et représente un risque pouvant compromettre la santé, la sécurité et l'intégrité physique ou psychologique des travailleuses et travailleurs. En vertu de l’article 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, l’employeur doit identifier, corriger et contrôler ces risques. La violence doit donc faire partie du programme de prévention ou du plan d’action de l’entreprise. Il doit aussi assurer l’information et la formation de son personnel en la matière et doit transmettre des directives claires à l’effet que ces actes ne seront tolérés sous aucun prétexte.
De plus, la Loi sur les normes du travail garantit à tous le droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique ou sexuel. Il revient donc à l’employeur de prendre les moyens raisonnables pour identifier et prévenir ces comportements, et surtout de les faire cesser dès qu’il en est informé.
Comprendre ce qu'est la violence au travail
Selon la CNESST, la violence en milieu de travail peut être d’ordre physique ou psychologique, interne ou externe à l’entreprise. Elle inclut la violence conjugale, familiale ou à caractère sexuel lorsque celle-ci affecte une personne dans son milieu de travail.
La violence interne se manifeste entre les membres du personnel, peu importe leur niveau hiérarchique. Elle peut concerner des employés, des superviseurs, des membres de la famille impliqués dans l'entreprise ou encore des associés. La violence externe peut provenir de clients, de fournisseurs, de sous-traitants ou de toute autre personne présente sur les lieux de travail sans lien d'emploi direct avec l'entreprise.
Les manifestations de violence peuvent prendre plusieurs formes :
- Menaces ou intimidation
- Insultes ou propos dégradants
- Harcèlement psychologique ou sexuel
- Agressions physiques
- Comportements agressifs répétés
- Gestes visant à isoler ou humilier une personne
Certains contextes de travail peuvent accroître le risque de violence, par exemple :
- Contact direct avec des clients
- Problématiques d’ordre psychologique
- Application de règles de sécurité
- Changements organisationnels
- Stress important
L'importance d'identifier les situations à risque
L’identification des risques de violence constitue la base de la démarche de prévention. Pour ce faire, il est suggéré de :
- Analyser les incidents ou les événements survenus dans l’entreprise
- Consigner les signalements et les situations de violence
- Faire des inspections en tenant compte des risques de violence
- Intégrer ces risques à la démarche de prévention de l’entreprise
Implanter des mesures de prévention
Une fois les risques identifiés, il est important d'agir par la mise en place de mesures adaptées au milieu de travail, parfois combinées. Parmi celles-ci on retrouve :
- Contrôler l’accès aux lieux de travail (ex. : carte d’accès, code)
- Élaborer et mettre en œuvre une politique claire de prévention de la violence et d’intervention en cas de violence
- Informer et former les travailleuses et travailleurs sur les risques et mesures de prévention de la violence
- Établir des règles de conduite claires et connues de tous
- Favoriser une communication respectueuse au sein des équipes
- Encourager le signalement des situations problématiques
- Intervenir rapidement lorsqu'un comportement inacceptable est observé
- Offrir du soutien aux personnes touchées
L'exemple donné quotidiennement par les propriétaires et les gestionnaires est également essentiel. Une culture d'entreprise fondée sur le respect et la collaboration contribue grandement à prévenir les comportements inadéquats.
Les avantages d'un milieu de travail respectueux
La prévention de la violence ne constitue pas uniquement une obligation légale. Elle représente également un investissement profitable pour l'entreprise agricole. Un climat de travail sain favorise la rétention de la main-d'œuvre, améliore la mobilisation des équipes et contribue à la productivité globale de l'entreprise.
À l'inverse, les situations de violence peuvent entraîner de l'absentéisme, une baisse de motivation, des conflits persistants et même des départs de ressources qualifiées. Dans un contexte de difficulté de recrutement, chaque effort consacré à la prévention peut avoir des retombées positives importantes.
Nouvelles obligations à venir
La violence à caractère sexuel en milieu de travail fera prochainement l’objet d’un nouveau règlement, lequel viendra déterminer les obligations des employeurs pour identifier et faire cesser ces situations. Ces nouvelles exigences s’ajouteront à celles déjà prévues dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Ainsi, les employeurs devront :
Dès le 27 mai 2027 :
- Informer, par écrit, les travailleuses et les travailleurs sur les mesures visant à prévenir la violence à caractère sexuel en milieu de travail
- Mettre en place un processus clair permettant de signaler ou de porter plainte en cas de violence à caractère sexuel et désigner une ou plusieurs personnes-ressources pour traiter ces plaintes et signalements
Dès le 27 mai 2028 :
- S'assurer que l'ensemble des travailleuses et des travailleurs ont suivi une formation portant sur la prévention de la violence à caractère sexuel en milieu de travail
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Outils et ressources
Aide-mémoire - Risques psychosociaux Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (UPA)
Violence en milieu de travail Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (CNESST)
Violence verbale à l’entrepôt (vf et esp) Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (UPA)